La page santé : La maladie pulmonaire obstructive chronique (partie 1)

  • 03 juillet 2018

La page santé : La maladie pulmonaire obstructive chronique (partie 1)

 

                La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est une maladie pulmonaire souvent causée par le tabagisme.  Le terme MPOC fait référence à un ensemble de maladies pulmonaires comme la bronchite chronique et l’emphysème.  Voyons en détail ce qu’est la MPOC, qui touche plus de 750 000 Canadiens, affectant autant les hommes que les femmes.

                Le rôle des poumons est de fournir de l'oxygène au corps et d'éliminer des déchets. Pour ce faire, les poumons sont composés de milliers de petits sacs (alvéoles) qui permettent un échange d'air maximal avec l'environnement. Chez une personne atteinte d'emphysème ou de bronchite chronique, l'échange d'air est rendu difficile à cause de certaines modifications au niveau des alvéoles. L'emphysème diminue leur capacité à s'étirer et finit par les détruire, tandis que la bronchite chronique entraîne de l'inflammation dans les bronches, les rendant plus étroites et remplies de mucus.  De 60 à 85% des personnes atteintes de MPOC vivraient avec cette maladie sans même le savoir.  En effet, les premiers symptômes se manifestent parfois seulement lorsque les lésions aux poumons sont bien établies.  Les symptômes de la bronchite chronique comprennent : toux grasse accentuée au lever et au coucher, expectoration de mucus blanchâtre (pouvant être coloré lors d’infection). À un stade avancé de la maladie, un souffle court, un gonflement des jambes et un bleuissement de la peau et des lèvres peuvent apparaître.  L’emphysème a une présentation un peu différente, les symptômes étant : souffle court, respiration sifflante et rapide, sensation d’oppression dans la poitrine, amaigrissement important.  Globalement, la MPOC entraîne une respiration pénible qui diminue radicalement la qualité de vie des personnes atteintes, car la maladie a un impact direct sur les activités de la vie quotidienne (se lever, s’habiller, faire des tâches ménagères) et des loisirs.  La MPOC se diagnostique par un médecin qui utilisera généralement le test de spirométrie (c’est le test considéré comme le plus fiable pour dépister la MPOC.  Au besoin, le médecin peut aussi demander des prises de sang et des radiographie pulmonaire.  Plus la MPOC est diagnostiquée tôt et rapidement prise en charge, plus il sera aisé de la contrôler et d’en ralentir la progression.

Qu’est-ce qui cause la MPOC?  Le tabagisme est responsable de 90% des  cas de MPOC.  L'exposition à la fumée secondaire ou à un environnement dont l'air est chargé de poussières ou de gaz toxiques (mines, fonderies, usines textiles, cimenteries, etc.) peut aussi entraîner la maladie.  Certaines personnes ont un déficit en alpha 1-antitrypsine, un rare désordre génétique qui augmente le risque de souffrir de MPOC.  Parfois, la cause est inexpliquée.  L’arrêt tabagique est sans contredit la meilleure action possible pour prévenir ou ralentir la progression de la maladie.  Il n’est jamais trop tard pour cesser de fumer.  Pour une personne atteinte de MPOC, arrêter de fumer de redonnera pas la fonction pulmonaire perdue, mais pourrait limiter les dommages éventuels.  L’activité physique doit être intégrée au traitement de la MPOC, puisqu’elle augmente la tolérance à l’effort (diminution de l’essoufflement) et renforce les muscles respiratoires (facilitation de l’expulsion de l’air).  Par ailleurs, puisque les gens atteints de MPOC sont plus vulnérables aux complications associées à la grippe, il leur est recommandé de recevoir le vaccin antigrippal à chaque automne.  Il pourrait aussi être bénéfique que ces personnes reçoivent le vaccin contre la pneumonie. 

 

À ce jour, il n’existe aucun traitement pour guérir la MPOC.  Les traitements seront abordés dans la partie 2 de cet article.

 

Catherine Côté, pharmacienne pour les pharmacies P.Lépicier et MH.Miousse

Retour à la page d'accueil